La Traque des Résistants nordistes
Après plusieurs années de recherches sur la police de sûreté allemande – plus connue sous le terme de Gestapo – dans les archives du Nord, de Belgique et d’Allemagne, j’ai rencontré Frédéric Lépinay, éditeur aux “Lumières de Lille”. C’est la seule maison d’édition que j’ai contacté et nous nous sommes rencontrés autour d’une bière pour échanger sur mon sujet. Il a tout de suite été intéressé et m’a proposé de travailler avec lui sur un projet de livre. Le tapuscrit était une compilation d’affaires sans aucun lien.
Frédéric m’a appris à rédiger, faire des liens, trouver la bonne approche méthodique et a retravaillé tout le texte avec moi.
Nous avons pris contact avec Etienne Dejonghe, professeur honoraire à l’université de Lille III et spécialiste de la Seconde Guerre mondiale dans la région, pour le rencontrer, lui soumettre le tapuscrit et avoir son avis. Quelques semaines plus tard, nous le rencontrions chez lui et il était dithyrambique sur le contenu, expliquant même qu’il avait appris des choses qu’il ne connaissait pas. Alors qu’il était spécialiste du sujet.
Finalement, après six années de recherches en archives et deux années de travail rédactionnel, le livre La Traque des résistants nordistes est sorti en mars 2011 : a Traque des résistants nordistes.

J’ai été très content de la couverture médiatique du livre et de l’intérêt suscité par le sujet. Notamment dans la presse. Voici quelques exemples d’articles publiés par divers médias :
Nord Eclair du 22 avril 2011 :
Grégory Célerse, qui vient de publier La Traque des résistants nordistes, sera en dédicace chez Majuscule, aujourd’hui à 17h.
Il a reconstitué le ‘puzzle’ de la Gestapo.
PROPOS RECUEILLIS PAR FANNY SAINTOT > fanny.saintot@nordeclair.fr
Vous avez travaillé avec le Musée de la Résistance de Bondues sur l’exposition « Défense de résister ». Pourquoi la Seconde Guerre mondiale est-elle votre période de prédilection ?
>> Mes grands-parents ont vécu l’occupation à Lille, et me l’ont racontée.
Pour moi, c’est important de ne pas oublier, d’autant plus que j’appartiens à une génération qui n’a pas connu cette époque.
Comment avez-vous eu l’idée de ce livre ?
>> J’ai d’abord travaillé sur la vie pendant l’occupation mais le sujet était trop vaste. Un jour, à la médiathèque Jean-Lévy, à Lille, j’ai rencontré par hasard un vieux monsieur qui avait croisé Kurt Kolhl, un policier qui appartenait à la Gestapo, la police politique allemande, qui se trouvait à La Madeleine, sur le Grand boulevard, au 18 rue François-Debaets. Et je suis tombé dans le piège de la recherche.
Comment avez-vous travaillé sur ce projet ?
>> Je suis allé consulter les Archives départementales à Lille. Mais les Allemands ont brûlé leurs archives en partant. C’est un immense puzzle. J’ai aussi retrouvé une demi-douzaine de témoignages, principalement d’enfants qui ont assisté à l’arrestation de leurs parents.
« Comprendre comment les gens peuvent être amenés à trahir »
Leurs souvenirs étaient-ils suffisamment précis ?
>> C’est ce que je craignais mais leur mémoire est excellente. Par exemple, j’ai retrouvé la fille des concierges des immeubles de la Gestapo. Souvent, ce sont des histoires qu’ils n’ont jamais racontées. C’est important car d’ici 10, 15, voire 20 ans, il n’y aura plus de témoins. Ce livre a nécessité 5 ans de recherches, plus un an et demi d’écriture. Je ne suis pas expert en généalogie mais j’ai pu retracer l’histoire de certains personnages. Celle, par exemple, de Marcel Denèque, qui a infiltré la presse clandestine Voix du Nord. J’avais envie de comprendre comment les gens peuvent être amenés à trahir. Une de ses filles a accepté de me parler.
Grand Lille TV (aujourd’hui BFM Grand Lille) :
Hypothèses, 13 novembre 2011 :